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Bouaké// Interview Exclusive accordée par Malick Fadiga

jeudi 16 juin 2016, par Karim

Bonjour Monsieur, pouvez-vous, vous présentez ?

Je suis MALICK FADIGA, opérateur économique à Bouaké et membre du bureau politique du PDCI-RDA.

Vous êtes cadre de Bouaké, membre du bureau politique PDCI-RDA à Bouaké. Et vous êtes beaucoup actif sur le terrain.

Dans quel cadre s’inscrivent vos actions ?

Mes actions s’inscrivent surtout au niveau des femmes, parce que c’est une population qui a été très paupérisée, et pour cela nous avons senti le besoin d’aider les femmes parce qu’une femme qui est aidée, c’est une famille qui est sauvée. Donc nous, nous avons mis l’accent sur les femmes et maintenant nous allons nous approcher des jeunes et essayer d’apporter un peu de notre contribution aux jeunes de Bouaké au travers de formations. D’ailleurs, nous avons demandé aux 33 associations féminines de venir avec leurs enfants déscolarisés ou en quête d’emplois pour suivre des formations qualifiantes afin de s’approprier un métier, car nous pensons que l’essence de la politique, c’est l’amélioration du bien-être de la population

Jusqu’à ce jour, quelles sont les actions concrètes que vous avez menées dans la ville de Bouaké ?

Je suis revenu physiquement à Bouaké en 2009. Mais c’est lors de la campagne présidentielle de 2010, que je me suis vraiment intéressé à la vie sociale de Bouaké car à travers les grandes rencontres que j’ai eues avec la population, j’ai retenu que cette population n’avait pas besoin de grand-chose, en termes d’aide. Quand vous êtes à Abidjan ou à l’étranger, vous vous imaginez qu’il vous faut des millions, des milliards pour pouvoir aider vos frères, vos sœurs, et vos enfants, alors que tout n’est pas forcément question d’argent. Il suffit parfois de peu de moyens pour aider une personne à se réinsérer dans le circuit social. Donc, j’ai structuré 33 groupements féminins en associations formelles reconnues par les autorités compétentes en une fédération dénommée ‘’J’AIME LE GBEKE’’. Nous avons financé des projets d’agricultures pour les femmes pour qu’elles fassent du vivrier. Nous nous sommes investis dans l’alphabétisation. Et cela fait 3 ans que la FEJAG fait de l’alphabétisation au sein des associations que nous avons. Mais, aujourd’hui nous nous occupons un peu plus d’offrir des formations qualifiantes aux enfants déscolarisés de ces femmes. Donc, grosso-modo, voilà ce que nous avons fait dans la région jusqu’à maintenant.

M.Malick Fadiga, je crois bien que vous avez créé deux mouvements ‘’la fédération J’Aime le GBÊKÊ et J’Aime Bouaké. A quoi répond la création de ces deux mouvements et quelles sont vos motivations ?

Mais ma motivation première, c’est que je me suis rendu compte qu’il y avait un clivage ethnique trop développé à Bouaké. Parce que sachez que je suis né à Bouaké et j’y ai également grandi. C’était la ville qui représentait le mieux l’esprit de la Cote d’Ivoire, l’esprit de fraternité, de cohésion sociale, qui a été brisée par des années de crise. Et, je pense que ce sont surtout les hommes politiques qui ont mis le feu à la savane, et pour l’éteindre aujourd’hui il faut qu’on remette toutes ces communautés ensemble, qu’on leur dise qu’elles sont sœurs, et qu’elles doivent vivre ensemble. Et pour vivre ensemble, il faut se faire confiance et se connaitre. C’est donc pour cette raison que nous avons mis en place toutes ces associations, regroupées en fédération afin que les femmes se côtoient. Lors des activités récréatives telles la fête des mères, qui regroupe toutes ces associations, pour se connaitre et communier ensemble afin d’adopter la notion du « vivre ensemble malgré nos divergences. »

M.Malick Fadiga, qu’est-ce-qui vous pousse à vous impliquer personnellement dans le quotidien de vos concitoyens.

Le président Houphouët Boigny disait « je ne peux pas être un oasis de paix dans un désert de désolation », il y a d’ailleurs la philosophie Sud-Africaine qui vous fait comprendre que l’individu a une obligation de s’inscrire dans un ensemble, parce que tu n’es toi même que par rapport à l’autre. Donc nous avons besoin des autres, et ce besoin nous amène à essayer d’aider l’autre, sinon je pense que vivre uniquement pour soi-même n’a pas beaucoup d’intérêt. C’est donc par rapport à tout ça que je me suis engagé dans la vie sociale de Bouaké, c’est cet engagement social qui m’a amené de facto à la politique. Car je ne voulais pas faire de politique politicienne. Cela ne m’a jamais vraiment intéressé. Le devenir de l’autre est une obsession pour moi, et surtout le devenir de ma ville de Bouaké et de mes frères et sœurs.

L’on constate que la femme occupe une place de choix dans toutes vos actions, qu’est-ce-qui explique cela ?

L’expérience sur le terrain. J’ai essayé avec des jeunes mais, ce ne s’est pas déroulé comme je le souhaitais. Mais les femmes m’ont démontré qu’elles étaient plus ordonnées que les jeunes gens, et quand vous aidez une femme, c’est un foyer que vous sauvez. C’est pour ça que je me suis d’abord tourné vers les femmes et je pense qu’il est important que les femmes s’approprient le vivre ensemble. Il faut pouvoir faire quelques actions économiques, parce que ce qui nous lie doit être un intérêt économique qui va ensuite devenir un intérêt personnel. C’est ce que nous essayons de faire à travers les petites actions, ouvrir des comptes bancaires pour ces associations afin qu’elles puissent épargnent dans un premier et ensuite nous porter garant pour qu’elles aient des prêts pour mener à bien leurs activités et se prendre en charge. C’était tellement émouvant quand elles ont eu leur premier compte sont venues me donner leur papier. Je dis non ça vous appartient, ça vous permet de garde votre argent en sécurité et de bénéficier de prêts. Et nous essayons de les aider aux travers d’un cabinet comptable qui monte des business plans pour elles, pour l’obtention de crédits auprès des banques.

Cela fait deux ans que vous avez créez la rupture collective dans les mosquées, dans quel cadre s’inscrit cette action ?

Cette action, pour moi d’abord, qui suis musulman-croyant, est Une action spirituelle. Cette action se situe à ce niveau. Et ça fait partie de notre façon de vivre, de notre approche de la vie. Vous ne pouvez pas vivre sans l’autre, vous avez un devoir vis-à-vis de l’autre. Votre présentation, vous ne pouvez la voir que dans les yeux de l’autre. Donc si vous pouvez aider l’autre, autant le faire et c’est ce que nous nous attelons à faire depuis trois ans. Nous procédons à des distributions de vivres aussi bien dans les mosquées pendant le mois de Ramadan, que dans les églises pendant le carême chrétien. Tout ceci s’inscrit dans le projet de la reconstruction que nous avons pour la ville de Bouaké. Nous pensons qu’une personne croyante, qui vit véritablement sa foi doit savoir pardonner, doit savoir accepter l’autre et il est beaucoup plus facile de discuter avec un croyant parce qu’il comprend vos motivations et d’en faire notre relais vis-à-vis de la population toute entière pour dire que nous sommes tous les mêmes, nous avons tous les mêmes devoirs et que nous avons tous les mêmes obligations vis-à-vis de Bouaké, afin de pouvoir un jour bénéficier de nos droits.

Par rapport à cela, quels sont les rôles que vous avez eu à jouer, les actions que vous avez eues à mener dans le cadre de la mobilisation et de la redynamisation du PDCI à Bouaké ?

On peut déjà citer la Présidence du mouvement des Secrétaires Généraux Malinké du PDCI que nous avons accepté d’assurer difficilement d’ailleurs, après qu’ils soient venus nous consulter, car nous refusons de nous inscrire dans les considérations ethniques et claniques. Mais il y a quand même des réalités sur le terrain où la population militante PDCI malinké de Bouaké s’est sentie frustrée.il y a eu un temps ou le PDCI n’est plus allé au contact de ses militants, car il les taxait tout de suite de RDR s’ils sont Dioula et de FPI, s’ils sont bété et ainsi de suite, ce qui est totalement faux. D’ailleurs nous avons vu le maire DJIBO Nicolas gagné la ville de Bouaké en étant indépendant, en étant bien sûr à forte coloration RDR. Mais surtout, il a gagné 75 villages et ces 75 villages ne sont pas habités que par des dioulas. C’est que la population baoulé de ces villages adhérait à son projet de société et c’est ce qui m’a donné la force de repartir vers mes frères malinké pour leur dire que le PDCI n’est pas mort et a toujours ce même projet pour le peuple de Côte d’Ivoire. Ce parti a été créé pour le bonheur du vaillant peuple ivoirien. Donc ce parti est pour nous tous. Nous ne devons pas nous laisser embrigader par les hommes politiques locaux qui ont tendance à stigmatiser les autres, mais nous devons plutôt voir ce que ce parti a apporté aux populations locales. Et cette population, qu’elle que soit son appartenance ethnique, a tout à gagner en revenant au PDCI parce que le PDCI milite pour cette fraternité, pour cette cohésion sociale. Et dans chaque village de Cote d’Ivoire ou vous irez, vous trouverez partout des sièges du PDCI-RDA et ça, ça fait chaud au cœur. Nous avons d’ailleurs été Chef de Délégation pour aller représenter le président HKB à Bouna, Doropo, Tehini et Nansian. Et, nous pouvons vous dire que nous sommes revenus de cette mission réconforté, parce que nous avons vu que malgré l’éloignement, malgré que ces villes ont souffert, elles sont restés attachées au PDCI. Le PDCI y est fort ! Quand vous voyez ça, ça ne peut que vous donnez le courage de continuer votre mission.

Vous êtes malinké et pourquoi cet attachement au PDCI et particulièrement à Bouaké ?

En premier lieu, c’est vraiment pour les idéaux du PDCI en lesquels nous adhérons complètement. En second lieu, Nous pouvons dire que, ce sont nos origines. Je suis fils de Satigui SANGARE membre fondateur du PDCI, ceux-là même qui ont rédigé les statuts du PDCI, petit-fils de Lamine FADIGA qui a été dès le départ un fidèle compagnon du président FELIX HOUPHOUET Boigny. Nous avons grandi dans le PDCI avec ses idéaux. Nous ne pouvions donc nous retrouver ailleurs qu’au PDCI. Nous avons le devoir de défendre les idéaux et la flamme du PDCI et ceci est un devoir familial. Notre devoir personnel, c’est que je dois pouvoir faire passer les idéaux du PDCI au plus grand nombre et expliquer à cette jeunesse qui n’a pas connu le président FH Boigny, Lamine FADIGA et à plus forte raison Satigui SANGARE. Tous nous avons ce devoir à l’égard de cette jeunesse qui n’a connu que la violence, alors que le père fondateur nous a appris que c’est dans la tolérance, dans la paix et dans le dialogue que les choses peuvent évoluer. Il avait coutume de dire ‘’ une fois que tu as fini de te battre, il faut t’assoir pour dialoguer, pourquoi ne pas commencer par le dialogue. C’est que je fais personnellement, c’’est l’héritage que nous voulons laisser à cette jeunesse. Vous savez une personne qui a passé la cinquantaine n’a plus les mêmes ambitions et objectifs que celui qui en a trente. Car à cet âge, tu as tout à conquérir, tu dois te construire et pour cela, il faut avoir un tuteur, qui te guide dans le bon sens, à travers ses expériences personnelles et cette expérience, il nous reste quelque temps pour la transmettre aux jeunes et c’est que nous essayons de faire.

M.Malick Fadiga, quels sont vos rapports avec la base du PDCI ? Je veux parler des Secrétaires Généraux de Section, les Présidents de Comités, Ufpdci, Jpdci, etc ?

Mes relations sont très bonnes personnellement avec la base. Mais je pense que Bouaké, on a mieux à faire. On pourrait faire beaucoup plus d’effort pour que cette base se sente encadrée et pour que cette base se sente encadrée, il faut que la Direction Locale du PDCI soit en harmonie avec elle-même. Aujourd’hui, vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a plusieurs clans de PDCI ici à Bouaké et c’est inadmissible. Or, ces clans devraient tous œuvrer pour le développement du parti, parce que tous, nous devons exister pour le PDCI. Nous ne sommes pas PDCI de X ou Y mais nous sommes PDCI et notre Président, c’est Henri Konan Bédié. Donc, nous obéissons aux ordres du Président Bédié. Nous obéissons aux ordres du Secrétaire Exécutif, le Ministre Guikahué qui nous donne les grandes lignes et nous avons à les adapter à la situation locale afin de faire évoluer ces grandes lignes à Bouaké. Mais, Nous pensons que nous devrions faire beaucoup plus d’effort pour que les militants PDCI de la région se retrouvent mains dans la main et ne continuent pas à partir chacun de son côté. Nous devons tous être unis, pour pouvoir atteindre les objectifs que le Président s’est fixé, c’est-à-dire la reconquête du pouvoir et c’est dans l’union que nous pourrions y parvenir. Toute personne qui pense pouvoir apporter sa pierre à l’édifice à la solidification du parti à Bouaké est la bienvenue.

Par rapport à toutes ces actions du PDCI dans la commune menées depuis des années, est-ce-que vous êtes satisfait vraiment du résultat obtenu ?

Pas totalement. De toute manière nous sommes humains et nul n’est parfait. On peut toujours pouvoir s’améliorer, et on doit faire encore plus. Nous nous essayons de faire des actions au niveau du PDCI, de nous approcher des jeunes et leur offrir des formations. D’ailleurs le mois prochain, nous lançons une formation pour les jeunes du PDCI parce que nous pensons qu’un jeune mal formé est une bombe à retardement. Et, on doit les former aux idéaux du parti. Mais ça aurait dû être fait il y a longtemps dans un cadre général. Nous aurions dû le faire dans le cadre de la Délégation. A grande échelle, nous comptons le faire nous-mêmes personnellement.

Dès l’annonce de l’appel de Daoukro, vous avez été l’un des premiers a marqué votre soutien au Président Henri Konan Bédié. Pourquoi cela et quelles sont les raisons ?

Comme vous l’avez dit, dès cette annonce, nous n’avons pu que supporter l’appel de Daoukro. Parce que depuis déjà la création du RHDP, le Président HKB a eu pour objectif de regrouper ces partis politiques. Le président Félix Houphouet Boigny a connu des soubresauts au sein de PDCI, le PDCI RDA est devenu un groupement de différents partis politiques et ces partis politiques sont devenus les tendances du PDCI RDA. Vous savez, cet appel de Géo-Andrée était pour mener le peuple de Côte d’Ivoire à l’indépendance et pour ce faire, il fallait qu’il ait une union sacrée sur ce projet. Et ce projet était mené par le PDCI et les autres ont adhéré et sont venus dans le PDCI et le président HKB s’est rendu compte que la situation était grave. Il a lancé l’appel de Daoukro dans le même esprit, n’oublions pas que nous sortions de 10 ans de difficultés, d’une situation conflictuelle. Le Président sortant ne voulait pas laisser le pouvoir et il y a eu des morts, des dégâts matériels énormes. Nous ne pouvons pas nous permettre de partir sur des ambitions personnelles, sur des égos. Les égos ne mènent qu’à la destruction. Et, c’est pourquoi, il a lancé l’appel de Daoukro. Sinon aucun chef, aucun autre parti ne peut faire ce sacrifice si ce n’est le parti qui a construit le pays. C’est parce que le PDCI a construit la Cote d’Ivoire, il a accepté deux fois de sacrifier son ambition pour le devenir du pays et vous ne pouvez que l’apprécier et être supporters de l’appel de Daoukro.

Votre parti le PDCI vient de célébrer ces 70 ans. En tant que cadre du parti, qu’est-ce que cela vous inspire ?

Beaucoup de fierté et de satisfaction. Nous vous avons dit que notre mission à Doropo, Nansian, nous a encore regonflé, nous a donné de la force, parce que 70 ans, ce n’est pas 70 jours, ni 70 mois, mais, c’est toute une vie et le PDCI a atteint cette maturité que tous les partis nous envie. Nous vous parlions de l’appel de GEO-André, du président FH Boigny et aujourd’hui, on parle de l’appel de Daoukro. Tous ces appels découlent d’une histoire parce que le PDCI a traversé beaucoup de tourments mais le PDCI est toujours debout, le PDCI vivra et comme, on le chante dans notre hymne national du parti, ‘’au pays d’Houphouët Boigny, le PDCI vaincra’’. Et nous en sommes persuadés, le parti va réussir à mettre en harmonie toutes les ethnies. Et c’est le parti de la paix, c’est le parti du dialogue, nous ne pouvons rien faire dans la violence. Malheureusement, les situations historiques ont amenées la jeunesse à adopter la violence comme moyen de communication. Donc, c’est au PDCI, à nous autres membres du PDCI, ce parti qui est une entité qui n’existe que par rapport à ses militantes et militants, de propager l’esprit du PDCI. Il faut parler à notre jeunesse et amener le message du PDCI le plus loin possible. Nous devons arriver à leur faire comprendre nos principes de paix, de solidarité, les amener à les vivre. C’est par ce vécu collectif, que nous pourrions arriver au progrès pour tous, au bonheur pour chacun

Malick Fadiga, il est beaucoup plus question de l’alternance en 2020, quelle est votre position ?

Moi je pense que c’est quelque chose de réaliste. Mais pour faire l’alternance, il faut travailler, le pouvoir ne viendra pas vous trouver. Le pouvoir ça se prend, le pouvoir ne se donne pas. Le Président Henri Konan Bédié nous a tous demandé de nous mettre au service du RHDP, et du candidat Alassane Ouattara. Il ne nous a pas demandé d’oublier notre ambition première qui est la reconquête du pouvoir d’Etat. Mais pour reconquérir le pouvoir, il faut reconquérir les militants et les électeurs, parce que nous sommes en démocratie, et c’est pour cela que je vous disais que nous ne faisons pas un travail conséquent sur le terrain. Le juge ultime est le peuple, c’est le peuple qui jugera. Donc c’est vers le peuple qu’il faut se tourner. C’est le peuple qui dirigera nos actions, c’est le peuple qui doit être choyé par nous les hommes politique, et le Président Bédié n’a pas demandé aux cadres du PDCI d’abandonner les militantes et militants du PDCI. Plutôt, il nous a demandé un PDCI fort pour un RHDP fort. Tant que le PDCI ne sera pas fort, et qu’il ne fait pas circuler ses idéaux, nous aurons un RHDP à l’image du parti le plus fort et ceci est une logique. Donc nous gagnerons à arrêter nos petits combats personnels, nos combats de chapelle, en restant en Abidjan, et vouloir définir une politique qui n’est pas vue et comprise sur le terrain. Nous devons aller au-devant du peuple de Côte d’Ivoire, nous devons être le parti leader du RHDP. Et c’est seulement à ce prix-là que le PDCI pourra reprendre le pouvoir d’Etat, que le PDCI pourra surtout imposer sa vision de paix et de cohésion sociale.

C’est bientôt la révision de la liste électorale avec l’inscription des nouveaux majeurs etc. Quel rôle comptez-vous jouer dans ce cadre à Bouaké ?

Nous allons voir avec la délégation communale de Bouaké, qu’est-ce qui a été prévu au niveau de la délégation, pour pouvoir encadrer nos populations de Bouaké, nos militants et militantes du PDCI afin qu’ils s’inscrivent sur la liste électorale. Parce que beaucoup ont été démotivés et ne sont pas inscrits. Nous devons aller vers eux, les aider et leur permettre d’être inscrits sur ces listes. C’est à partir de là que nous pourrons vraiment espérer peser sur la vie politique de Bouaké.

Le retour du PDCI-RDA en 2020, vous y croyez ?

Absolument. Si je n’y croyais pas, ce serait inquiétant. J’y crois parce que je suis PDCI, j’y crois parce que je suis un militant, j’y crois parce que je suis dans la vie politique de mon parti et de la Cote d’Ivoire et je pense que nous avons tous les atouts pour revenir en 2020 au pouvoir d’Etat et sans la violence.

Apres les 70 ans, comment voyez-vous l’avenir du PDCI ?

Le PDCI nous a demandé de véhiculer le message de renaissance et surtout de faire comprendre aux jeunes que ce parti leur appartient. Ce parti est géré jusque-là par des gens qui ont un certain âge. Ce n’est pas parce qu’ils ne veulent pas aller à la retraite, tout homme mérite une retraite, tout homme mérite le repos mais c’est parce que jusqu’à présent ils n’ont pas sentis cette jeunesse suffisamment forte pour reprendre le pouvoir au sein du parti et toute la fête des 70 ans, le président HKB a véhiculé ce message en disant que ‘’ vous devez travailler pour la jeunesse du PDCI, vous devez éduquer cette jeunesse afin qu’elle prenne ses responsabilités et partout où je suis passé, je suis très fier de cette jeunesse. C’est une jeunesse qui est mobilisée, qui n’attend que l’aide des anciens pour pouvoir prendre sa place réelle au sein de l’appareil du parti. Vous avez vu à qui le président Bédié a confié l’organisation des 70 ans, ce sont des jeunes, et nous sommes très heureux parce que c’est un pari qui a réussi. Toute la Cote d’Ivoire a vu que le PDCI vit et que le PDCI vivra. Nous sommes fiers de notre parti.

Vous étiez chef de mission à Bouna comment s’est déroulé cette tournée ?

Très bien, j’ai été bien accueilli par les délégués communaux Koblan Huberson, Diabagaté de Doropo, Yaya de Tehini, Massandé de Nansian, Et, ces militants sont venus. Si vous n’aimez pas votre parti, vous ne venez pas aux réunions. Ils sont venus et vraiment j’ai été très touché. Et, à Bouna j’ai rencontré des dames qui ont fait partie de l’AFI de madame Jeanne Gervais. Et, quand je leur ai donné leur diplôme, j’avais les larmes aux yeux parce que cela m’a rappelé le combat que ma mère a mené au côté de madame Gervais et qu’elles étaient présentes pour encadrer les délégués, cela ne pouvait que me réjouir davantage.
J’ai remercié le jeune délégué DIBAGATE qui a offert une maison au parti à Doropo qui prouve une fois de plus son attachement au parti.

Il y a quelqu’un à la tête de ce parti qui est le président HKB, comment jugez-vous la gestion du PDCI-RDA jusqu’à ce jour par le président ?

Bien, très bien. Je suis vraiment heureux de cette question parce que vous savez le président HKB à une grande vision des choses. Il délègue beaucoup, il a donné les pouvoirs à certaines personnes qui gèrent le parti et lui le président donne les grands axes. Mais, le président a besoin d’une équipe, de gens valables, des gens qui puissent appliquer ses idéaux sur le terrain. Vous ne pouvez pas être chef d’un gros parti comme le PDCI depuis tant d’années sans avoir certaines qualités. Donc, ce n’est pas tomber dans l’idiotisme de dire que M. Bédié est le bon monsieur à la bonne place. Comme je vous le disais, aujourd’hui il nous a demandé d’encadrer et de former cette jeunesse afin que la relève puisse être faite de la meilleure façon possible. Mais aujourd’hui, je prie pour qu’Henri Konan Bédié reste le plus longtemps possible à nos côtés parce que c’est lui qui est là aujourd’hui pour calmer les ardeurs, les ambitions des uns et des autres, qui sont tout-à-fait naturels, et comme on dit « si jeunesse savait et si vieillesse pouvait »

Comment voyez-vous ses actions à la tête du pays ?

Ses actions sont salutaires et je vous ai dit tout à l’heure, c’est le PDCI qui a construit le pays et c’est lui seul qui pouvait faire le sacrifice deux fois de suite, de reculer et de laisser le pouvoir d’Etat par amour pour cette Cote d’Ivoire que nous avons créée. Cette Cote d’Ivoire, je l’ai dit à Nansian, le PDCI c’est la Cote d’Ivoire vice-versa. Nous ne pouvons pas nous permettre de mettre la Cote d’Ivoire à feu ou à sang mais nous avons un devoir qui est celui de protéger la cote d’Ivoire et cela commence par protéger le PDCI afin de le rendre plus fort qu’avant. Le Président Bédié joue son rôle de « vigile », il donne le sens de la boussole.

Maintenant, nous allons aborder le troisième volet qui est la politique nationale. Et, je voulais savoir qu’est-ce que vous pensez de ce referendum ? Et, est-ce que vous entendez jouer un rôle pour ce referendum ?

Je suis content que le referendum ait lieu. Nous savions tous que depuis la mise en place de la constitution qu’elle était conflictuelle et aujourd’hui le président Alassane Ouattara a pris l’initiative d’aller vers un referendum afin de changer cette constitution, nous sommes prêts à jouer notre rôle de cadres du PDCI, de membre du bureau politique afin d’expliquer le bien-fondé de ce changement de constitution, mais je crois qu’il y a une chose que nous occultons qui est primordiale c’est d’accepter et voir évoluer le régime présidentiel, afin de donner un cadre juridique à la fonction de Premier Ministre, ou de Vice-Président, Parce que la constitution ivoirienne est une constitution basée sur un régime présidentiel. Ce sont des questions que nous devons nous posé. Ce régime a été mis en place parce qu’en 1960, il n’y avait pas beaucoup d’intellectuels en côte d’ivoire. Donc, il nous fallait un régime fort. Un régime présidentiel ou le président prenait toutes les décisions. Et grâce à cela, nous avons pu créer la cote d’ivoire. Mais, nous sommes en 2016 et les choses ont évolué. Nous devons pouvoir faire participer l’opposition mêmes à la gestion de l’Etat. Parce que plus personne ne pourra représenter 80, 90 % des électeurs. La Côte d’Ivoire est constituée de trois grands blocs, les Mandés du Nord, les Akans, les Mandés du Sud, qui se retrouvent dans les trois grands partis actuels. Donc, nous devons aller à la conquête de ces différents blocs afin de mettre en place un régime fort. Et un régime ou tout le monde est représenté. Et c’est avec ce travail -là, que nous pourrons reconstruire la cote d’ivoire et arriver à l’émergence. Parce que si, un des blocs, se sent plus ou moins frustré, mis à l’écart, j’ai peur que les mêmes causes produisent les mêmes effets.
Monsieur Malick Fadiga, bientôt ce sont les législatives, en tant que cadre averti, comment est-ce que vous voyez ces élections ?
Elles seront très intéressantes. Parce que je pense que ce sont les élections qui vont déterminer vraiment le sens dans lequel la cote d’ivoire veut partir. Parce que nous avons une population qui est l’arbitre. Et personne ne peut juger. Mêmes les caciques du parti qui décident de qui peut aller aux élections et qui ne peut pas l’être, il donne un avis. Mais, c’est le peuple seul qui décide qui peut le représenté ou pas. Donc, ces élections vont être très intéressantes. Parce que je pense qu’il y aura beaucoup de personnes qui se présenteront pour être député dans notre localité qui est Bouaké. Celle que je connais le mieux. Il y a beaucoup de candidats non déclarés. Et, il y en a qui sont déclarés comme moi. Mais, ceux non déclarés viendront nous rejoindre dans l’arène de Bouaké vers le mois d’Aout ou Septembre. Vous savez les gens souvent préfèrent attendre le dernier moment pour venir. Cela leur permet comme ils le disent eux même d’économiser leur santé et leur finance. Je pense qu’il est bien qu’il y ait beaucoup de candidats. Cela prouve l’intérêt que les gens apportent à la politique ivoirienne et surtout de Bouaké.
Au regard de cette complicité avec les populations de Bouaké par rapport à vos actions sur le terrain. Est-ce que vous comptez vous présenter au poste de député de Bouaké ?
Absolument. Je n’en fais pas un mystère. Parce que je considère que dans la vie, il vaut mieux dire les choses avant que les gens ne soient pas surpris. Je compte briguer le poste de député de la ville de Bouaké. C’est ce poste qui m’intéresse. Parce que chaque chose arrive à son temps. Et, je pense que je peux plus apporter au parlement qu’ailleurs. Et c’est à force de côtoyer les populations de Bouaké et de voir les difficultés de la ville de Bouaké que je me suis intéressé au parlement.

Pourquoi ce choix pour être le député de Bouaké ?

Ce qui me pousse, c’est de pouvoir être le porte-parole des sans voix. Beaucoup de gens sont assis dans leurs quartiers, dans leurs maisons, ils ont des problèmes. Mais personne n’est capable d’aller au plus haut lieu pour expliquer ces problèmes et défendre ces problèmes-là. C’est vrai que nous avons beaucoup à faire pour la reconstruction de la cote d’ivoire. Mais je pense qu’on peut venir un peu à Bouaké pour reconstruire Bouaké, pour aider ses populations qui ont été meurtries. Non, toutes populations confondues ont été meurtries dans leur chair et dans le matériel. Mais nous avons besoin d’un plan Marshal pour la ville de Bouaké. Ce plan Marshal pour la ville de Bouaké va permettre à la cote d’ivoire de l’intérieur de redémarrer. Parce que Bouaké est au centre géographique de la cote d’ivoire ! Si Bouaké redevient la place forte qu’elle était. Nous devons créer un nouveau pôle économique et ce pôle économique doit être à Bouaké, c’est Bouaké qui est le mieux placé. Donc, pour cela, nous devons tendre vers un parlement fort. Un parlement qui puisse porter des projets afin de discuter avec le gouvernement. C’est le pourquoi de mon choix aux législatives.
Quelle est votre vision du parti unifié. Selon vous est ce que ce projet est possible ?
Je crois au parti unifié. Nous devons créer deux grands blocs. Comme aux Etats Unis, vous avez les Démocrates et les Républicains. C’est ce que nous devons arriver à créer en Côte d’ivoire. Aujourd’hui, je me bats pour la création d’un gros bloc. Ce bloc sera RHDP et l’autre bloc sera LMP. Nous ne pouvons plus faire des associations par rapport à des ambitions personnelles. Je suis un social libéral capitaliste.
Donc, il est plus aisé pour moi de m’associé avec le RDR qui a la mêmes vision capitaliste que moi. Bien qu’étant moins social. Mais m’associé avec eux et négocié un programme commun ! Au sein de cet ensemble, nous pourrons créer un vrai parti. Et ce parti aura différentes tendances. Vous aurez la tendance RDR, la tendance PDCI, UDPCI etc…. Et ces tendances-là, chacune d’elle va essayer d’être le plus fort possible pour influer sur l’ensemble. Le cheminement qu’a pris le président Bédié, il ne dit jamais rien pour rien. Il a suivi le processus et il a fait un regroupement politique, car pour l’instant le RHDP est un regroupement politique qui est admis par la constitution de la république de côte d’ivoire. Je crois que nous avons pour mission tous d’aller dans ce sens. Parce qu’il ne faut pas réveiller le vieux démon. Nous avons tous intérêt à nous battre pour ce parti unifié. Ce parti qui sera la boussole de la cote d’ivoire émergente.

Vous êtes cadre de Bouaké, opérateur économique, comment vous voyez la cote d’ivoire aujourd’hui sous Alassane Ouattara. Et quel jugement vous pouvez porter sur son travail ?

Il faut être aveugle pour ne pas voir. Le président Ouattara a énormément travaillé. La cote d’ivoire a retrouvé une partie de son lustre d’antan. Et, ça ne peut que me faire plaisir. C’est la preuve que nous pouvons travailler dans le bon sens pour la république de Côte d’ivoire. Et c’est ce que je demande aux élus, aux hommes politiques en poste auprès du président Ouattara de se battre pour que le pouvoir économique puisse venir un peu à l’intérieur. Parce qu’Abidjan rafle tous les investissements. Il faudrait qu’on puisse attaquer maintenant l’intérieur. Et je prêche pour ma chapelle. Parce que Bouaké est une ville sinistrée. Je vis à Bouaké, je suis à Bouaké, je fais des affaires à Bouaké et je peux vous dire que ce n’est pas facile. Et nous n’avons pas de moyens financiers. Nous avons été tous plus ou moins spolié. Nous avons vu nos entreprises qui ont été détruites. Donc, pour les remettre à flot, cela nous demande encore plus de travail. Nous avons besoin de l’aide de l’Etat.

Quelles seront les actions futures que vous comptez mener au profit des populations ?

Ce sera au profit des étudiants. J’ai été appelé par les étudiants qui n’arrivent pas à payer 1500 frs la carte de restau universitaire. J’ai demandé qu’on puisse me faire une liste pour que je puisse donner des cartes.
500 étudiants pour pouvoir les accompagner. Donc, je veux aller manger à l’Université avec eux, essayé de parler avec eux. Parce que l’état providence ne peut plus existé comme il était. Chacun de nous, à son petit niveau doit essayer d’apporter à sa société. Et c’est ce que je vais essayer de faire, continuer à accompagner mes enfants.
Je vais continuer à apporter un peu de compassion à mes frères et sœurs musulmans pour le carême comme chaque année. Egalement, je vais poursuivre les dons de kits scolaires à la rentrée scolaire. Et surtout, je vais demander aux jeunes, parce qu’après avoir lancé le programme des femmes, je me tourne vers la jeunesse. Leur demander, qu’il faut qu’ils se forment. Parce qu’une jeunesse qui n’est pas formée est une jeunesse dangereuse.

Quel est votre message à l’endroit de vos concitoyens de Bouaké, les militants Pdci de Bouaké et à tous les ivoiriens ?

Mon message est un message de paix, de fraternité. Je remercie tous les militants et militantes Pdci de Bouaké pour leur engagement. Et je vous disais que c’est le peuple qui a le dernier mot. Je remercie tout le peuple de Bouaké, le peuple de Côte d’ivoire d’avoir fait confiance aux présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Parce que les deux ensemble, je pense qu’ils nous mèneront loin. Je souhaite beaucoup de bonheur aux populations de Bouaké, de paix. Et qu’elles se mobilisent pour les opérations des prochaines audiences foraines et qu’elles s’inscrivent sur les listes électorales. Venez-vous inscrire massivement et revenez à la maison, afin que « tous rassemblés et pour ta gloire, te bâtissons dans le bonheur »

Vive la Côte d’Ivoire !