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COTE D’IVOIRE /Malick Fadiga, candidat à la députation

« Pour l’instant le Rhdp ne bouge pas à Bouaké »

vendredi 14 octobre 2016, par Karim

L’élection législative est prévue pour novembre prochain. Et depuis quelques temps, des personnalités annoncent leur candidature. C’est le cas de Malick Fadiga, membre du bureau politique du Pdci-rda, candidat déclaré au poste de député de Bouaké commune. Au cours d’une interview qu’il nous a accordée, l’homme politique s’est prononcé sur les chances de son parti, le Rhdp et le projet de nouvelle constitution.
Pourriez-vous présenter à nos lecteurs ?
Je suis Malick Fadiga, membre du bureau politique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) de Bouaké.
Comment se porte le Pdci-rda dans votre circonscription ?
Je voudrais d’abord vous remercier pour le travail colossal que vous abattez pour le positionnement de la démocratie et l’émergence pour tous. Le Pdci se porte bien, bien qu’on puisse faire beaucoup mieux. Toute œuvre humaine n’est jamais parfaite. Nous devons nous atteler à améliorer la santé du Pdci dans la région, parce que Bouaké a toujours été un fief du Pdci. Nous avons perdu ce bastion, mais nous avons de nombreuses actions à mettre en marche pour reprendre ce bastion.
Qu’allez-vous faire à cet effet ?
Pour moi, il faut aller à la rencontre des électeurs, des militants et militants. Car nous sommes restés recroquevillées sur nous à l’image de tous les partis politiques de Côte d’Ivoire, en tant de tempête, on n’a tendance à se replier sur un clan ou une ethnie. Nous devons aller vers les autres pour pouvoir repositionner le Pdci, qui est le parti fondateur de la Côte d’Ivoire moderne.
L’actualité politique ivoirienne est en ce moment alimentée par la révision de la Constitution. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
Je pense que dans le cadre de la planification, ce n’est pas trop tôt ! Il faut absolument une nouvelle Constitution afin de pouvoir créer la Côte d’Ivoire émergente. Mais, j’appelle une Constitution qui va permettre de bâtir une Côte d’Ivoire moderne. Et cela demande des garde-fous, des nouveaux pouvoirs. Et ces nouveaux pouvoirs ne peuvent être créés qu’avec une nouvelle classe politique, avec des hommes nouveaux, prêts à aller dans le sens que veut donner le gouvernement actuel, sous l’égide du président de la République S.E.M. Ouattara, et sous le regard de son aînée, le président Henri Konan Bédié…
Effectivement parmi les reformes essentielles, on n’a la question de la vice-présidence…
Oui, parmi ces réformes essentielles, il y a la question de la vice-présidence. A cette vice-présidence, il faut qu’on puisse créer un contre-pouvoir judiciaire, avec une Assemblée nationale forte, avec des grands électeurs qui puissent aller jusqu’à l’empêche, comme ce qui s’est passé au Brésil ou aux Etats-Unis d’Amérique (Usa). Ceci pour éviter que certaines institutions aient un pouvoir total sur la nation.
En termes de précision, quelles sont vos attentes ?
En clair, j’attends déjà qu’il ait un contre-pouvoir au pouvoir présidentiel. Comme vous le savez, notre Constitution est foncièrement présidentielle. C’est dire qu’en 1960, il n’y avait pas beaucoup de gens évolués, c’est-à-dire autant d’intellectuels. Mais aujourd’hui, en 2016, nous avons quand même un niveau d’éducation qui nous permette de comprendre et de faire des choix. Et nous le voyons dans les réactions de tous. La nation ivoirienne est encore fragile. Il faut dépasser tout cela. Et cette constitution devra en tenir compte. Il faut cependant mettre des garde-fous pour ne pas se retrouver dans des situations de 2010.
Selon des ouïes-dires, dans le cadre de la reforme constitutionnelle, des verrous seront levés, notamment la limitation du nombre de candidat à la présidence de la République et l’âge limite pour être candidat. Cela, pour permettre au président Ouattara de rempiler. Avez-vous cette information et quel commentaire faites-vous ?
Je ne suis pas informé de cette situation. Mais je ne pense pas que le président veuille changer la Constitution pour rempiler, donc se faire élire pour un troisième mandat. Le chef de l’Etat qui est de culture Anglo-saxon, et qui sait ce que vaut la parole donnée, ne peut pas chercher à rempiler, même si son entourage ou certains réseaux le poussent. Je ne pense pas qu’il acceptera de faire acte de candidature.
Un mot sur la création de la chambre des rois et chefs traditionnelle de Côte d’Ivoire ?
Cette institution est une richesse pour la Côte d’Ivoire, mais je ne suis pas trop d’accord pour une grande étendue du pouvoir aux chefs. Nous avons vu les problèmes dans le foncier rural, ce que cela a créé ! Il faudrait aller progressivement avant de faire de cette instance, une chambre forte.
Croyez-vous en l’alternance du pouvoir en 2020 ?
En tant qu’homme politique, membre du Pdci-rda, si je n’y croyais pas, ce serait triste ! Nous avons pour mission, d’accéder au pouvoir d’Etat. Il nous faut donc travailler pour cela. Et cela ne se fera pas comme beaucoup le pense, par un claquement de doigt. C’est votre présence sur le terrain qui justifie cette alternance. Donc nous devons reprendre nos positionnements, nos bastions, nos militantes et militants et nos électeurs, afin de représenter la grande majorité en Côte d’Ivoire. Parce que nous vivons en démocratie, c’est la loi de la majorité. Vous ne pouvez pas vous attendre à un changement ou à une alternance si vous n’avez pas des électeurs en conséquence.
Nous sommes à 4 ans de l’élection présidentielle de 2020 qui devrait ramener votre parti au pouvoir d’Etat. Comment votre parti prépare cette échéance électorale ?
Il faut aller à la recherche des électeurs. C’est la présence sur le terrain qui détermine votre poids au niveau politique comme je le disais. Expliquer votre projet de société et convaincre les électeurs. Mais nous ne pouvons pas rester dans nos salons et attendre qu’on vienne nous donner le pouvoir, on ne l’a jamais vu et je pense que ça ne va pas commencer aujourd’hui.
Comment voyez-vous le Pdci après le président Bédié ?
Le président Houphouët qui a été un grand président, le président fondateur du Pdci-rda, à chaque fois qu’on lui parlait d’héritage, donnait l’exemple d’une plantation de bananiers. Quand vous montez sur une colline pour regardez votre plantation, vous remarquez qu’il y a un bananier qui est plus grand que les autres. Vous descendez vous le coupez. Quand vous remontez sur la colline vous remarquez qu’il y a un autre bananier qui est au-dessus des autres. Donc je pense qu’après le président Bédié, on trouvera quelqu’un pour continuer son œuvre.
Comment se porte le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) dans votre zone ?
Le Rhdp se met en place doucement tout comme au niveau national. Je crois qu’Abidjan on fait l’effort de se rencontrer souvent et de communiquer sur les activités. Dans quelques jours ou mois, les instances d’Abidjan vont descendre sur le terrain. Pour l’instant le Rhdp ne bouge pas à Bouaké. On n’a pas de leader véritable au niveau du Rhdp ici. On attend que ces réunions se fassent et que le Rhdp devienne une réalité sur le terrain
Quelle est votre ambition politique ?
Je suis candidat à l’élection législative dans la circonscription de Bouaké commune.
Votre parti est réputé être très organisé. Quelle proportion de vos militants reste-t-il encore à enrôler ?
Nous n’avons pas de chiffres actuellement, mais ce qu’on peut dire, c’est de demander aux militants d’aller se faire enrôler ! L’enrôlement se fait lentement dans notre région. Les gens ne sont pas motivés. Notre devoir est d’aller sur le terrain pour motiver les gens afin qu’ils se fassent enrôler. Il faut reconnaître qu’il y eu un grand mouvement sociologique dans la région du Gbèkê. Des populations malinké se sont installées et ont pris position surtout dans la ville de Bouaké
Un des problèmes qui préoccupent l’Etat de Côte d’Ivoire est la question des conflits agriculteurs-éleveurs. Quelle est la situation dans la région de Bouaké et quelles sont vos suggestions ?
Dans la région du Gbêkê ça va. Nous avons la chance de ne pas connaître les mêmes tensions que dans des contrées limitrophes comme à Bouna et Touba. Tous les éleveurs ont un passage et beaucoup de troupeaux passent par le train. Donc nous n’avons de conflits tels qu’il en existe dans d’autres régions. Cependant, il existe des conflits sporadiques qui peuvent être gérés au mieux en réalisant des parcs en dehors de la ville pour permettre aux bouviers de parquer leurs troupeaux.
Quel est votre regard sur la politique actuelle du gouvernement en matière d’emploi-jeunes et quelles sont vos propositions pour que cette politique connaisse le succès escompté ?
Je pense que le président Ouattara a un gros souci pour la jeunesse. Parce que tout homme responsable doit savoir que la jeunesse représente plus de 60% de la population. On n’a une responsabilité face à cette jeunesse, c’est de lui trouver de l’emploi. Car une jeunesse désœuvrée est une bombe à retardement. En dehors de cela, il faut reprendre totalement l’éducation nationale. La force actuelle de notre système de formation, avec licence, maîtrise, n’est pas adaptée à notre pays. Il ne faut pas oublier que nous sortons de 10 ans de crises très difficiles. Dans les zones Centre, Nord, Ouest (ex Cno), de nombreux jeunes n’ont pas peu aller à l’école, donc démunis de savoir. Quelle que soit votre bonne volonté, vous ne pouvez pas les embaucher mais nous avons le devoir de leur trouver du travail. Il faut leur faire une formation continue ou qualifiante pour pouvoir les intégrer rapidement au tissu économique du pays. Le tissu économique est en train d’être mis en place par le président Ouattara pour que la croissance ne soit pas exclusive, mais inclusive. Qu’on puisse la sentir au niveau des populations, au cours de son deuxième mandat.
Quel message fort avez-vous à lancer aux populations de Bouaké ?
Je demande aux populations de venir voter massivement le Pdci-rda lors de l’élection législative de novembre prochain. Parce que le Pdci est le parti qui a créé cette nation dans le dialogue, l’amour et le partage, de fraternité que nous avons vécue. Et nous cherchons à revenir à ces valeurs intrinsèques pour construire cette Côte d’Ivoire paisible. Et c’est à travers le Pdci qu’on pourra retrouver cette Côte d’Ivoire de paix et d’amour. Que tous les militants et militantes du Pdci pensent à cet héritage qu’on nous a laissé. C’est un héritage qui est rattaché à la Côte d’Ivoire. N’oublions pas l’hymne du Pdci qui dit que le Pdci a été crée pour servir le vaillant peuple ivoirien. Je voudrais insister sur la diversité au Pdci rda. Nous avons le devoir de créer la diversité au Pdci-rda. Malheureusement on constate que notre parti est en train de tomber dans les travers des autres partis. C’est dommage parce que si rien n’est fait, on risque de perdre la vocation de notre parti qui est l’unité, la paix le dialogue et la fraternité.
Interview réalisée par Moïse C. Sentiers d’Afrique