Accueil > Activités > Politique > INTERVIEW//SITUATION SOCIO-POLITIQUE, DIVISION DE LA DELEGATION COMMUNALE (...)

INTERVIEW//SITUATION SOCIO-POLITIQUE, DIVISION DE LA DELEGATION COMMUNALE DU PDCI-RDA EN QUATRE DELEGATIONS, REMOUS SOCIAUX A BOUAKE

jeudi 10 août 2017, par Karim

Malick Fadiga, (Délégué Communal PDCI-RDA Bouaké II, section Belleville et Président de la fédération « j’aime Bouaké »), tout feu tout flamme :

Cadre du parti septuagénaire et président de la fédération « j’aime Bouaké », Malick Fadiga livre ici, dans cette interview, ses sentiments sur la situation socio-politique du pays, revient sur les remous qui ont secoués la deuxième ville de la Côte d’Ivoire, Bouaké, et parle de sa nomination en qualité de délégué Pdci-Rda de la commune de Belleville. Entretien.

1/ La ville de Bouaké qui vous a vu naitre et grandir, a connu des moments de turbulences en janvier et mai derniers, comment avez-vous vécu ces moments difficiles et qu’est-ce que vous avez retenu de cette crise ?

Ça a été des moments très difficiles pour moi, j’ai vécu ces moments de turbulences avec la population de Bouaké comme un échec personnel, car cela fait bientôt dix ans que j’essaye de promouvoir la cohésion sociale, la paix dans notre chère ville. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’ai mis du temps à accepter une demande d’interview.
Bouaké fait partie d’un ensemble qu’on appelle la Côte d’Ivoire, et il est du devoir des responsables politiques de protéger la population. Ces soulèvements armés nous préoccupent car les citoyens ivoiriens sont pris en otages par des hommes censés les protéger ! Les revendications doivent passer par des canaux légaux et institutionnels, le code d’honneur du devoir des militaires les y oblige ! Nous foulons aux pieds les règles de la nation à la recherche de l’émergence. Si nous perdons la confiance des investisseurs et des organismes financiers internationaux, tous les citoyens ivoiriens paieront les conséquences. Personne ne devrait mettre en péril le processus de reconstruction. La confiance prend des années à se gagner, mais se perd en instant. Les civils, les militaires, les démobilisés, tous les citoyens ivoiriens doivent faire primer l’intérêt supérieur de la nation.

2/ Selon vous, quelles sont les solutions idoines pour mettre fin à ce genre de situation afin de permettre à Bouaké de connaitre un vrai développement ?

Le dialogue et encore le dialogue ! Nous vivons une crise, mais comme on le dit « là où il y a une crise, il y a l’espérance, car le problème des crises profondes est dans le fait qu’elles ont en main, plusieurs choix. C’est la manière dont est surmontée la crise que dépendent les années à venir » Il est impératif de rassembler tous les fils et filles de Bouaké autour d’un même idéal, afin que le redressement se fasse par ses enfants. Il est impératif de lancer un projet économique et social répondant aux besoins réels de la population, mais surtout rencontrant son adhésion. Il n’y a aucun remède miracle pour les problèmes structurels, mais le rassemblement permet de trouver des solutions. Il faut associer la jeunesse aux décisions pour la responsabiliser. L’espérance donne forme à notre travail « puisque le laboureur doit avoir un espoir quand il laboure ! »

3/ Avec votre fédération « j’aime Bouaké », croyez-vous sincèrement que vous pourrez apporter quelque chose de concret à cette commune ?

Oui je le crois ! Au niveau de la fédération, nous avons favorisé l’ouverture de plusieurs centres d’alphabétisation, nous avons également permit la bancarisation de certaines couches de la population tels les femmes et les jeunes, en les regroupant notamment en association et coopérative, en vue de leur autonomisation. Par ailleurs, certains projets économiques et sociaux ont été mis en place grâce à nos soins pour permettre aux jeunes de se prendre en charge… c’est dire que chacun de nous pouvait apporter sa pierre à l’édifice Bouaké, ce serait beaucoup.

4/ En tant que fils de cette ville, à travers votre mouvement, quels sont les difficultés des populations que vous avez répertoriées et que comptez-vous faire pour y remédier ?

La première des choses est de redonner confiance aux populations en un avenir meilleur. Pour réaliser cet objectif, nous devons revenir aux fondamentaux de l’Etat de Côte d’Ivoire « Union-discipline-travail », la juste répartition du fruit de la croissance ne peut se faire sans ces préalables. Nous rappeler que les routes, les ponts, n’appartiennent à personnes d’autres que nous. Nous devons communiquer de façon différente. La population de 2017 n’a rien à avoir avec celle de 1960 !

5/ Au plan national, la situation semble un peu tendue entre votre parti politique et votre allié le Rdr, quel est le point de vue de Malick Fadiga sur la question ?

J’ai la ferme conviction que nous devons revenir aux fondamentaux de ce qu’on appelle « l’houphouëtisme » qui est le socle sur lequel est bâti la République de Côte d’Ivoire. Tolérance, pardon, dans l’intérêt supérieur du pays. A chaque crise qu’a traversée notre nation, nous nous sommes retrouvés dans la fraternité, la concorde afin de préserver notre pays.

6/ Une division qui mettra fin à cette alliance Pdci-Rdr est-elle souhaitable et à qui profitera-t-elle ?

Je ne le pense pas, mais cette question ne peut être abordée qu’au plus haut niveau. C’est une question primordiale pour la survie de notre patrie. Le désordre ne profite qu’à une minorité !

7/ Le Pdci qui tient, par tous les moyens, à avoir un candidat à l’élection présidentielle de 2020, serait-il capable de mettre un terme à son alliance avec le Rdr juste pour la reconquête du pouvoir d’Etat ?

Chaque parti a pour objectif la conquête du pouvoir d’Etat. Le PDCI-RDA a toujours démontré son attachement à la Côte d’Ivoire, en prenant sur lui à des moments précis de ne pas aller seul à cette conquête, car cela aurait pu engendrer la discorde entre les fils et filles de la Côte d’Ivoire. Nous avons toujours priorisé le dialogue dans l’intérêt de la nation, et nous avons toujours su tenir compte des intérêts des uns et des autres. J’ai foi dans la sagesse de notre Président Henri Konan Bédié.

8/ Pourquoi votre parti tient tant à l’élection de 2020 ?

Parce que c’est le rôle d’un parti politique ! Le sacrifice ne peut pas être permanent sinon, vous perdrez tous vos enfants !

9/ Parlant de la réconciliation nationale, nombreux sont ceux qui pensent qu’il faut impérativement libérer tous les prisonniers politiques y compris Simone Ehivet Gbagbo, quel est l’avis de Malick Fadiga, cadre du Pdci-Rda sur la question ?

Il faudrait que justice soit rendue. Mais la recherche de la justice ne doit pas avoir pour but que la preuve, mais plutôt l’apaisement, la guérison, afin que plus jamais ça ! Il faut combattre l’exclusion car cela entraine une soif de vengeance. Une nation c’est le désir de vivre ensemble, c’est une histoire commune pour tendre vers un objectif partagé de tous ! Il faut refaire de la Côte d’Ivoire ce modèle d’espérance et de développement qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être.

10/ Vous venez d’être nommé délégué départemental du Pdci-Rda dans la commune de Belle-ville, comment avez-vous accueillir cette nomination, n’est-ce pas une promotion ?

Avec beaucoup de joie, car c’est une reconnaissance !

11/ La commune que vous dirigez à présent au compte du Pdci-Rda est un bastion du Rdr, que comptez-vous faire, M. Fadiga, en terme d’implantation votre parti à travers des comités de base et des sections ?

Nous avons commencé à rencontrer le personnel politique de la délégation afin de les motiver. Comme vous le dites, la Délégation de Belleville est soi-disant un bastion du RDR, mais je pense que concernant Bouaké, il n’y a plus de bastion. La population se sent abandonnée et incomprise. Le challenge est important, il faut aller à leur rencontre pour les convaincre, et non les contraindre. Le fort taux d’abstention aux dernières élections législatives, montre le désintérêt des populations pour la politique. Un taux de croissance élevé ne constitue pas à lui seul un projet de société. Il faut amener plus de personnes à partager nos idéaux de paix, de dialogue, d’amour de la patrie.

12/ Le Pdci-Rda peine à redécoller à Bouaké depuis que ce parti a perdu le pouvoir en 1999, pour les futures échéances locales, quelles seront vos chances ?

C’est à l’initiative des fils et des filles de ce pays qu’interviendra le changement, qui pour nous commence maintenant ! Pour conjurer le sort, il faut des convictions et de la volonté ! Il nous faut trouver la capacité de mettre en œuvre notre destin partagé.

13/ Serez-vous candidat à la prochaine élection municipale ou du conseil régional ?

Dieu seul peut le dire, car malheureusement aujourd’hui, nous peinons à savoir de quoi demain sera fait. Mais la vraie menace reste d’être inactif. C’est l’action qui doit nous motiver années après années.

14/ On constate de plus en plus qu’il n’y a pas d’entente entre les cadres et élus de Bouaké, n’est-ce pas là l’un des facteurs qui ont contribué fortement à la dégradation des acquis de cette ville ?

Oui, c’est vrai, mais il nbe faut pas baisser les bras, il faut continuer à se battre pour l’union.

15/ Quelles sont les ambitions de Fadiga Malick pour la commune de Bouaké ?

Nous voulons une commune de Bouaké, une Région du Gbêkê, rassemblée, unie et prospère, ou tous les fils et filles de ce pays sans exclusive contribueront à l’œuvre de reconstruction

Je vous remercie !
Vive la Côte d’Ivoire, une et indivisible !
Interview realisé par Ladji Abou Sanogo